À regarder
la rivière
presque gelée,
je me faisais
la réflexion,
"je ne mettrais pas le pied sur la glace"qui me semblait bien mince,
avec ses trous d'eau ici et là,
quand, là, devant moi, tout près du pont,
des gens patinaient comme s'il n'y avait
pas de béants trous à l'eau libre.
Il faut dire que là où ils étaient,
l'eau est moins profonde.
À la sortie de la rivière, c'est tout autre chose,
a peine quelques morceaux de glace,
ici et là, semblant s'ennuyer des hivers d'autrefois,
sous la surveillance vigilante
de ces personnages
ayant si bien su se camoufler entre
les branches de cet arbre protecteur.
Pendant, tout ce temps, un oiseau solitaire
tentait tant bien que mal,
de se frayer un chemin,
sur cette mer de mercure
alourdit par ce soleil de plomb.
Un soleil éblouissant,
semblant prendre plaisir à figer tout le paysage
dans un manteau de froid hivernal.
Je m'imaginait être sur un autre monde,
hors du temps et de l'espace.


